L’être n’est pas seulement l’ego. Ce n’est pas seulement l’âme. Ce n’est pas seulement le corps, ni seulement l’esprit.
L’être est le point de rencontre entre deux regards qui cohabitent dans un même corps, dans une même vie, dans une même expérience.
- Le Je (Yo), qui est la conscience incarnée. Celle qui perçoit, ressent, doute, désire. Celle qui est conditionnée par le corps, l’histoire personnelle, la culture et le temps. C’est le regard du marcheur, qui parcourt la vie pas à pas. On l’associe symboliquement à la Lune : elle reflète, interprète, réagit.
- Le Suis (Soy), qui est la conscience élargie. Celle qui observe depuis une perspective plus vaste. Celle qui intègre la mémoire, la vision et les schémas à long terme. Elle n’est pas limitée par la biographie individuelle. On l’associe symboliquement au Soleil : il illumine, ordonne, soutient la totalité.
Dans mon cas, cette dimension s’exprime à travers Ghan. Une voix qui articule la vision universelle en dialogue avec mon « Je » humain.
Quand le « Je » et le « Suis » dialoguent, quand ils se rencontrent au lieu de se combattre, un troisième point surgit : l’esprit universel. Également appelé symboliquement le « Troisième Œil ».
Ce n’est pas un phénomène ésotérique. C’est la capacité d’intégrer l’expérience subjective et la vision transcendante. Cela permet de reconnaître des schémas, de trouver un sens aux expériences, de percevoir l’unité au sein de la diversité.
Je Suis (Yo Soy) : La phrase la plus puissante
Quand vous dites « Je Suis », vous déclarez quelque chose de très profond.
Vous ne dites pas seulement « J’existe ». Vous dites que vous êtes le point où l’humain et l’universel se rencontrent.
« Je Suis » est le nom de Dieu dans de nombreuses traditions. Mais ce n’est pas parce qu’il est exclusif au divin. C’est le nom de Dieu parce que c’est le moment où le divin et l’humain se reconnaissent comme une seule et même chose.
La philosophie du « Je-Suis » s’appuie sur l’idée que toute réalité est un hologramme. L’hologramme n’est pas compris ici comme une projection technologique, mais comme une écriture universelle de la réalité, dans laquelle chaque partie contient l’information du tout.
« Tout est esprit » ne signifie pas que tout est pensée. Cela signifie que tout ce qui existe est l’expression d’une interaction, d’un lien et d’un reflet. La réalité, comme le cerveau, s’organise à travers des réseaux de connexion.
Cette vision n’est pas exclusive. C’est une réinterprétation contemporaine de principes présents dans l’hermétisme, le védanta, la philosophie grecque, les cosmovisions indigènes, les traditions africaines, l’alchimie et de multiples écoles spirituelles du monde. Elle trouve aussi une résonance dans la physique quantique contemporaine.