Donc tout un autre univers de fréquences apparaît, et j’ai l’impression que cela va de pair avec le fait de récupérer certaines matières naturelles, qui ont, précisément, une autre fréquence : pas la fréquence qu’on utilise tout le temps. Il s’agit de proposer de nouvelles fréquences, de nouvelles relations entre les sons. Bien sûr. Par exemple, beaucoup de gens, quand on parle de fréquence, parlent de passer de 440 à 432. Oui, comme « une fréquence ». Mais ça, c’est une des nombreuses fréquences qui nous maintiennent encore dans les mêmes gammes, ou dans la même histoire, le même cycle, mais juste depuis un autre point de vue. C’est comme dire : « Avant, je voyais ce conflit depuis la hauteur de mon cœur, maintenant je le vois depuis la hauteur de mes yeux. » Mais c’est le même conflit : je le tourne simplement.
Oui, tu l’expliques parfaitement et très concrètement. Ce que nous avons fait, en gros, c’est dire : « Non, une autre histoire. Je ne vais pas passer du cœur aux yeux pour observer la même histoire. Je vais directement changer l’ordre de la structure de ce que j’observe, de la réalité. »
Oui, oui. Expliquons un peu plus, parce que c’est très intéressant de comprendre ce que c’est que s’accorder en 440 ou en 432. 440, c’est précisément la fréquence d’une note, ce qu’on appelle communément le « la ». Et cette fréquence vibre 440 fois par seconde : 440 hertz. Ça nous fait entendre une note que nous, dans cette culture, appelons «la». Maintenant, si on passe à 432, qu’est-ce que ça veut dire ? Que la note qu’on appelle « la », au lieu de vibrer 440 fois par seconde, vibre 432 fois par seconde.
Et qu’est-ce que ça signifie ? C’est comme déplacer tout l’ensemble. Mais, comme tu l’expliquais : même en déplaçant tout, on continue à faire de la musique avec les mêmes règles qu’en 440. La même structure. Les mêmes gammes. Le même ordre entre les notes. Ça s’appelle toujours « la », par exemple. Les notes portent toujours les mêmes noms. En Argentine, on dit : « La même merde avec une autre odeur », non ? Un truc comme ça ? Un truc comme ça… Je vais l’adoucir un peu. Tu sais, le Cancer en moi a tendance à tout adoucir, même quand ce n’est pas nécessaire.
Mais c’est bien ça : parce qu’il y a un très grand changement entre vibrer dans le mental et vibrer dans le cœur. Mais le schéma, d’une certaine manière, ou plutôt la façon dont on regarde le schéma, reste plus ou moins le même. En fait, non : ce n’est pas « plus ou moins », c’est le même. On ne va pas adoucir : le schéma est le même. La seule chose, c’est que ça vibre dans des endroits différents du corps, disons.
C’est comme la roue karmique : vie après vie, on vit le même problème, mais parfois en tant que femme, parfois en tant qu’homme, parfois en tant qu’oiseau… mais c’est le même problème. Et qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi ce dont on parlait aujourd’hui est aussi une déconstruction ? Aller au silence implique aussi de se déconstruire plutôt que de vouloir tout de suite proposer des choses. C’est une très grande déconstruction, parce que notre cerveau… je plaisante toujours en disant que « l’accordage n’existe pas ». Je le dis à moitié en plaisantant, et à moitié sérieusement aussi. Parce qu’on est très habitués à appeler certaines choses « accordées », et pas d’autres. Et ça ne fonctionne pas comme ça pour l’univers. Ça fonctionne autrement.
Ce qui se passe, c’est qu’on est tellement habitués à utiliser ces schémas, ces structures, d’une certaine manière, qu’on les écoute et on commence à les entendre « justes », et on les aime, parce que ça nous aide à nous calibrer. Et c’est comme ça : certains aspects émotionnels se calment quand on entend quelque chose d’ordonné, auquel on est habitué.