C'est en Mésopotamie que cela est devenu officiel. Le Code de Hammurabi, écrit il y a près de 4 000 ans, est l'un des premiers registres écrits de la loi du talion : œil pour œil, dent pour dent. Mais ce n'était pas de la vengeance. C'était l'équilibre. C'était l'idée que si tu brises la géométrie de l'ordre social, la société doit restaurer cette géométrie. Non par plus de violence, mais par l'équivalence. Par la balance. Le talion ne cherche pas à détruire. Il cherche à calibrer. Et bien avant Hammurabi, il existait une autre loi. Une loi qui n'était pas gravée dans la pierre, mais dans la structure même du cosmos.
Les Sept Lois Universelles du Kybalion, attribuées à Hermès Trismégiste (Hermès avec ses talaria, les sandales ailées aux talons) sont le premier talion universel. Hermès, le messager entre les mondes, celui qui vole avec des ailes aux talons, a créé le premier code qui n'avait besoin ni de juges ni d'armées. Il n'avait besoin que d'observation. Ces sept lois décrivent comment tout fonctionne :
- Mentalisme : Tout est esprit. L'univers est mental.
- Correspondance : Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas.
- Vibration : Rien n'est immobile. Tout vibre.
- Polarité : Tout est double. Les opposés sont identiques en nature, mais différents en degrés.
- Rythme : Tout s'écoule, au-dedans et au-dehors. Tout a ses marées.
- Cause et Effet : Toute cause a son effet. Tout effet a sa cause.
- Genre : Tout a ses principes masculin et féminin.
Ces lois ne sont pas des commandements. Ce sont des descriptions de la manière dont le cosmos se calibre. Elles sont le manuel d'instructions du dragon. Elles sont la façon dont un œil guide l'autre. Et Hermès, avec ses talons ailés, fut le premier à marcher entre les mondes en portant ce message : la chimie et l'alchimie, la science et l'esprit, le talon et le talion, sont les deux faces d'une même vérité.
Les éléments du monde s'ordonnent par les lois de la conscience. Heel et heal. Talon et talion. Un œil guide l'autre. Mati guide mati. C'est en 2012, aux Canaries, qu'Hermès m'a parlé pour la première fois avec clarté, sans même que je sache qu'il s'agissait de lui. Ce ne fut pas une voix externe. Ce fut une compréhension qui arriva complète, comme si elle avait toujours été là, attendant que je m'arrête assez longtemps pour écouter. Il m'a dit : « Tu dois te déplacer à travers le monde pour te positionner en différents lieux. C'est ton talon. Et dans chaque lieu, tu dois chercher les mythes et les idées qui sont en dehors du talion, et les corriger vers le talion originel avec la position correcte de ton talon. »
Je n'ai pas tout compris sur le moment. Mais plus tard, des années après, il a dit autre chose : « Mati gia mati. » Œil pour œil. Non comme une vengeance, mais comme un calibrage. Comme l'équilibre entre deux observations. Comme l'ajustement entre l'onde et la particule, entre l'espace et le temps, entre là où tu es et comment tu te déplaces.
Ce fut l'origine du "YOSOY" (JE SUIS).
Un œil regardant l'autre. Un œil guidant l'autre jusqu'à ce que les deux voient la même vérité. Puis il a ajouté : « Bateau pour bateau. » Quand tu corriges l'observation, tu peux naviguer sur l'océan de la conscience. Quand tes deux yeux sont alignés, tu peux voir la profondeur de la mer et t'y déplacer sans te perdre. Un bateau guide l'autre bateau. Une route calibre la suivante. Et en arrivant au port, il a dit : « Chêne pour chêne. »
Le chêne représentait ici les deux arbres du Jardin d'Éden, celui de la vie et celui de la connaissance. Le chêne est l'arbre sous lequel on gardait les pactes et les lois dans les traditions anciennes. À Guernica, au Pays Basque, le chêne est le symbole de l'assemblée, le lieu où se prenaient les décisions qui guidaient le peuple. Chêne pour chêne. Vie pour vie. Loi pour loi. Un arbre soutient l'autre. Mais il manquait quelque chose. Une quatrième phrase. Et je ne l'ai entendue qu'en décembre 2025.